L’Infirmité Motrice Cérébrale :
Le terme d’INFIRMITE MOTRICE CEREBRALE « I.M.C. » a été créé dans les années 1955 par le neurologue Guy TARDIEU.
Par Infirmité Motrice Cérébrale, cet auteur entend une infirmité motrice due à des lésions cérébrales précoces – péri natales – , excluant les affections neurologiques évolutives et les retards moteurs traduisant simplement un déficit intellectuel. L’infirmité motrice devait donc constituer la symptomatologie unique ou plus exactement très largement prédominante. En pratique, la conséquence la plus importante était d’exclure de l’I.M.C. tous les cas associant déficit moteur et déficit intellectuel et/ou troubles graves du psychisme, c’est-à-dire des sujets pouvant être éducables.
Définition
« L’Infirmité Motrice Cérébrale est une séquelle motrice d’une lésion cérébrale accidentelle survenue dans la période « péri-natale » (« autour de la naissance »), c’est-à-dire parfois « avant » (« in-utéro »), parfois au moment de la naissance, parfois juste après. Il s’agit donc d’une souffrance néonatale, non évolutive et non curable ».
Ce n’est donc, ni une malformation cérébrale, ni une maladie héréditaire, c’est la conséquence de l’agression d’un cerveau sain, c’est donc un « accident ». On parle d’I.M.C. – d’Infirmité Motrice Cérébrale – quand les séquelles sont purement motrices et qu’il y a conservation de l’intelligence.
Il s’agit d’I.M.O.C. – d’Infirmité Motrice d’Origine Cérébrale – lorsque les séquelles sont multiples, non seulement motrices (elles sont souvent importantes), mais aussi intellectuelles ; parfois, il y a une épilepsie, une atteinte sensorielle importante… c’est le « tableau » d’une personne « polyhandicapée ».
Il est important de noter que le handicap intervient dès les premiers instants de la vie, il va donc conditionner le mode d’être au monde de l’enfant (programme moteur et cérébral déficient).
Etiologie
Nous distinguons deux étiologies principales :
- l’anoxie néonatale : elle est liée à l’arrêt des fonctions cardio-respiratoires, privant le cerveau de son irrigation sanguine normale, ce qui entraîne un manque d’oxygène et provoque des lésions,
- la prématurité : la naissance prématurée (6 à 8 mois de grossesse) expose le nouveau-né à un risque d’hémorragie cérébrale ; cette hémorragie survenant sur un cerveau non achevé peut provoquer la lésion de cellules nerveuses.
L’Infirmité Motrice Cérébrale peut aussi être le résultat d’une atteinte plus tardive à la suite d’une réanimation, d’une chute. Le qualificatif « I.M.C. » est en théorie attribué si cet accident autour de la naissance se situe dans les 3, voire les 6 premiers mois de la vie (plus tard, c’est le terme de « traumatisé crânien » qui sera utilisé).
L’Infirmité Motrice Cérébrale va être responsable, outre de problèmes moteurs plus ou moins importants, de troubles cognitifs tout à fait spécifiques, et ce, indépendamment de l’efficience intellectuelle globale. La personne présentant une I.M.C. ou une I.M.O.C. peut connaître des troubles de l’abstraction, du raisonnement, de repérages espace-temps.
Ces difficultés s’expliquent d’une part par les lésions elles-mêmes, d’autre part par l’expérience particulière « pauvre et faussée » (troubles sensoriels…) que va vivre souvent la personne ayant un handicap au niveau de son environnement, de son propre corps…
Sur le plan psychologique, les troubles sont variés et complexes ; ils découlent de facteurs nombreux :
* la déficience des outils moteurs, sensoriels, intellectuels, sensitifs,
* la dépendance matérielle inéluctable,
* la capacité de la famille à s’adapter à cette réalité psychique traumatique,
* le vécu institutionnel souvent important, les interventions médicales…
Aujourd’hui, le terme Paralysie Cérébrale est de plus en plus utilisé en France :
Qu’est-ce que la PC ? (article de la Fondation Motrice)
La Paralysie Cérébrale (Cerebral Palsy en anglais) est un terme d’utilisation internationale, dont les limites et les définitions ont subi de nombreuses variations au gré des écoles de pensées, des concepts et de l’évolution des connaissances concernant le développement cérébral.
Selon la plus récente définition collective internationale (Rosenbaum et coll., 2007), « Paralysie Cérébrale (PC) est un terme qui désigne un groupe de troubles permanents du développement du mouvement et de la posture, responsables de limitations d’activité, imputables à des évènements ou atteintes non progressives survenus sur le cerveau en développement du fœtus ou du nourrisson. Les troubles moteurs de la paralysie cérébrale sont souvent accompagnés de troubles sensoriels, perceptifs, cognitifs, de la communication et du comportement, par une épilepsie et par des problèmes musculo-squelettiques secondaires« .
En France le terme d’infirmité motrice cérébrale (IMC) est plus répandu. Il est parfois employé à la place de paralysie cérébrale mais pour Guy Tardieu l’IMC regroupait des troubles moteurs prédominants et non évolutifs dus à une lésion cérébrale, « conséquence d’une lésion pré, péri ou postnatale précoce », pouvant « s’accompagner d’atteintes sensorielles et d’atteintes partielles des fonctions supérieures à l’exception d’une déficience intellectuelle » (Tardieu 1969).
Le terme paralysie cérébrale est donc plus général puisqu’il regroupe également les formes avec des atteintes intellectuelles où l’on parle dans les cas les plus sévères de polyhandicap. En France le terme d’infirmité motrice d’origine cérébrale (IMOC) a également été proposé dans une acception assez large.